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Séminaire InterÉpistème

Séminaire InterÉpistème


Séminaire InterÉpistème. Épistémologies mineures

Axes 1 et 2 du Ceperc

L’objectif principal du séminaire est une étude comparative des épistémologies développées dans la première moitié du XXe siècle, par la mise en lumière des liens entre les revues interdisciplinaires (comme la Revue de métaphysique et de morale, Erkenntnis ou Scientia), les approches collaboratives de la philosophie des sciences (le comité de rédaction de la Revue de métaphysique et de morale, le Cercle de Vienne, l’École de Peano) et certains objectifs éducatifs et politiques, tels que la vulgarisation des connaissances scientifiques, et la critique des frontières disciplinaires et nationales.
Dans le cadre de ce séminaire, nous nous intéresserons en particulier aux épistémologies « mineures », c’est-à-dire aux conceptions philosophiques des mathématiques et de la logique, mais aussi de la physique et des sciences sociales, qui ne peuvent pas être réduites aux trois principaux « ismes » des XXe et XXIe siècles : le logicisme, le formalisme et l’intuitionnisme. Ces trois « ismes » ne sont pas seulement les traditions les plus analysées dans la littérature, elles sont aussi presque les seules à être reprises dans la philosophie analytique contemporaine (néo-logicisme, néo-formalisme, approche phénoménologique). Au lieu de rattacher les épistémologies « mineures » à une tradition philosophique précise, il sera intéressant d’examiner les pratiques scientifiques d’où elles découlent, et les auteurs qui les soutiennent (philosophes, scientifiques, enseignants, vulgarisateurs scientifiques). Ce travail s’accompagnera d’une réflexion sur la pluralité des façons de définir la « philosophie scientifique ».

Séances 2016-2017 :

Organisateurs : Paola Cantù et Cédric Chandelier

  • Mercredi 3 mai de 14 à 16h. (bâtiment FRUMAM, salle de séminaire du 3e étage, Faculté Saint-Charles, Marseille). Frédéric Fruteau de Laclos : « Le comparatisme en épistémologie. Questions de principe ».

Résumé :

« Le projet d’une épistémologie comparative a été formulé par Gilles-Gaston Granger, qui s’est explicitement situé dans une perspective bachelardienne. Pourtant, un tel projet ne date pas de Granger, il est même antérieur aux recherches de Gaston Bachelard. Il a en fait été ébauché en France dès les années 1930, à l’intersection de l’épistémologie et des sciences humaines, alors en voie d’autonomisation théorique et institutionnelle. Sans doute est-ce sur le terrain de la psychologie que le comparatisme a été réfléchi le plus profondément. Ainsi Ignace Meyerson (1888-1983), médecin formé à la philosophie, posa-t-il très tôt les bases d’une « psychologie historique, objective, comparative ». Or l’étude des sciences tient une place considérable dans ce programme comparatiste. Cela n’a rien d’étonnant : le psychologue est le parent d’un célèbre philosophe des sciences de l’entre-deux-guerres, le chimiste Émile Meyerson (1859-1933). Celui-ci avait déjà fait un pas en direction du comparatisme en épistémologie. Après avoir longuement travaillé sur les physiques classique, relativiste et quantique, il n’a pas hésité à engager le dialogue avec les anthropologues et les ethnologues de son temps à propos l’existence (ou de l’inexistence) d’une « mentalité primitive ». Certaines de ses propositions d’alors sont emblématiques des possibilités d’un élargissement comparatiste de l’épistémologie. Le comparatisme en question repose cependant sur de tout autres principes que ceux ultérieurement assumés par la tradition bachelardienne. Nous souhaiterions revenir sur quelques-unes de ces propositions et quelques-uns de ces principes ».

Séances 2017-2018 :

Organisateurs : Paola Cantù et Gabriella Crocco

  • 13-14 décembre 2017 - Workshop « Le cas (pas si) étrange de la logique et des mathématiques dans la connaissance scientifique ». Accueil à patir de 15h.

Personnalités attendues : Gabriella Crocco (Ceperc), Frédéric Patras (Laboratoire Dieudonné, Université de Nice Sophia Antipolis), Georg Schiemer (Université de Vienne), Stéphane Soulié (Paris), Pierre Wagner (Université de Paris 1),

Lieu : Site Schuman, Bâtiment multimédia, salle de colloque 1

Résumés :

- Le projet INTEREPISTEME (Paola Cantù)
L’objectif principal du projet INTEREPISTEME est une étude comparative des épistémologies développées dans la première moitié du XXe siècle, par la mise en lumière des liens entre les revues interdisciplinaires (comme la Revue de métaphysique et de morale, Erkenntnis ou Scientia), les approches collaboratives de la philosophie des sciences (le comité de rédaction de la Revue de métaphysique et de morale, le Cercle de Vienne, l’École de Peano) et certains objectifs éducatifs et politiques, tels que la vulgarisation des connaissances scientifiques, et la critique des frontières disciplinaires et nationales. Ce travail s’accompagnera d’une réflexion sur la pluralité des façons de définir la « philosophie scientifique », en considérant le rôle de la logique et des mathématiques dans la connaissance scientifique et philosophique de l’époque.

- Mathématiques et rationalisme chez Couturat (Frédéric Patras)
Dans sa leçon inaugurale au Collège de France (Revue de métaphysique et de morale, 1906), Couturat plaide pour une philosophie libre, cartésienne, une 
philosophie des idées claires et distinctes, de la lumière naturelle et de l’évidence rationnelle. Nous essaierons de cerner comment ce choix rationaliste a pu continûment guider ses choix, sa pensée et, plus spécifiquement, déterminer largement son rapport aux mathématiques et à leur philosophie.

-  La relation de la philosophie aux sciences dans le projet intellectuel des fondateurs de la Revue de métaphysique et de morale (1893-1914) (Stéphan Soulié)
Je propose de montrer comment, du point de vue d’une histoire socio-culturelle, les questions de la frontière incertaine entre philosophie et sciences et des relations qui peuvent se nouer entre elles dans le respect de leurs légitimités respectives sont engagées au coeur du projet intellectuel porté par les fondateurs de la Revue de métaphysique et de morale. Il faut entendre ici "projet intellectuel" de trois points de vue (philosophique, institutionnel et plus largement "politique", au sens d’une intervention revendiquée dans la cité). Il ne s’agit pas ici d’aborder la contribution de la Revue au développement de la "philosophie des sciences" mais de voir comment le questionnement sur la relation à la science et les stratégies éditoriales qui en découlent sont des révélateurs du projet intellectuel de défense du pouvoir de la philosophie dans la cité.

- Two ways to think about mathematical structure (Georg Schiemer)
Following a dominant view in modern philosophy of mathematics, mathematics can be understood as the study of abstract structures. In this talk, I will compare two conceptually distinct ways to characterize the structural subject matter of theories of pure mathematics. According to the first approach, structures or structural properties of mathematical objects (such as number, groups, and graphs) are specified in formal languages, usually based on some notion of definability. According to the second approach, structures are determined in terms of the notion of invariance. For instance, the structural properties of a given mathematical field are often said to be those properties invariant under certain transformations. In the talk, I will further investigate these two ways to think about structure by drawing to several examples from the history of modern mathematics. Based on this, I will give a more philosophical analysis of the conceptual differences of these methods and discuss their relevance for our current understanding of mathematical structuralism.

- In which sense might mathematics be analytic ? Carnap’s evolving views on logicism (Pierre Wagner)
It is quite clear that according to Carnap, mathematical propositions should be regarded as analytic. What is less clear is what Carnap meant exactly by this. In the pamphlet “Die alte und die neue Logik”, the explanation given is the famous idea according to which mathematics, being a branch of logic, is tautological. We shall argue that this formulation was to be regarded as a philosophical program rather than as a thesis, and that Carnap’s views on the analytic character of mathematical statements actually quickly evolved because of the obstacles to the realization of this program.

- Carnap’s Logical Syntax and the reception of Gödel’s theorems (Gabriella Crocco)
We analyze the conception, the role and the nature of logic in Carnap’s Logical Syntax, where a sophisticated solution is proposed to avoid the conclusions of Gödel’s incompleteness theorem. The principle of tolerance, the relation between logic, mathematics and their applications are discussed in relation to Gödel’s 1959 paper Is Mathematics Syntax of Logic ?

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